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Le choc du retour, ou la dépression post-voyage

Ecrit par Agathe 28 juillet 2018
choc du retour de voyage

Dépression post-voyage, choc du retour ou encore syndrome post-vacances… Des mots que l’on entend peu et qui pourtant évoquent des sentiments bien réels pour de nombreux voyageurs. Cette difficulté a accepter que le voyage est terminé. Fini la vie de liberté nomade, retour à la routine du boulot.  Un article un peu plus personnel aujourd’hui, dans lequel on vous explique de quoi il s’agit, et comment on a vécu le retour de notre premier long voyage…

A lire également, notre article sur comment voyager en couple, dans lequel on vous liste les avantages et inconvénients d’un long voyage avec sa moitié !

 

Le choc du retour, c’est quoi ?

 

Quand on est en voyage, on fait plein de trucs, les journées passent à une vitesse folle. Et puis quand on rentre. Plus rien. On profite de ce qui nous a vraiment manqué, (AKA l’eau chaude de la douche quotidienne !) on raconte notre périple, on est à fond dedans. Mais on a l’impression que les autres ne nous comprennent pas. Après les “alors c’était bien ?” et “t’as préféré quel endroit?”, plus rien. Chacun retourne à sa petite routine… Et c’est là qu’on devient nostalgique…

Et puis à force on ose même plus parler de son voyage à son entourage, parce qu’on à l’impression de se la péter ou de les saouler, alors qu’au final c’est pas du tout le cas. C’est juste qu’en plusieurs mois, on a eu le temps d’en vivre des choses… Plus que la plupart des gens qui eux sont restés derrière leur ordi pendant ce temps-là…

 

Le retour d’un long voyage peut être une période pas évidente… On parle même de « dépression post-voyage ». Plus de 70% des personnes parties en long voyage en souffrent à leur retour. Et ce sentiment de vide, de manque, de nostalgie… Peut même s’installer plusieurs semaines avant de rentrer !  Ça peut aller de la simple déprime, à une réelle dépression…

 

 

Les 4 phases du choc du retour

 

Souvent, le choc du retour se divise en quatre phases : l’euphorie du retour, la crise existentielle, la remise en question, et la réinsertion…

 

L’euphorie du retour : On retrouve ses proches, sa famille, son petit chez soi. On est content !

La crise existentielle : C’est la période où on compare sans cesse notre vie actuelle et notre vie sur la route. La liberté, les paysages de malade, les expériences… VS notre quotidien actuel, les responsabilités, les obligations, la routine… En fait c’était mieux de prendre des douches froides et de manger des nouilles chinoises à l’arrière de la voiture !

La remise en question : Bon est-ce que je suis vraiment prêt à passer 35 ans de ma vie, 8h par jour, le cul derrière un ordi à vivre par procuration les voyages des autres sur Pinterest ?

La remise en question est la phase où on arrête de comparer, et où on prend conscience des choses. On regarde un peu plus vers le futur, et on commence de nouveaux projets / orientations.

La réinsertion : Passé la période de déprime,  on reprend le cours de notre vie avant de partir, ou au contraire, on lui donne l’orientation qui nous correspond maintenant le mieux.

 

Ce qui est sûr, c’est que chaque personne vit le retour à sa manière… Et Valentin et moi l’avons vécu de façon totalement différente. C’est pourquoi chacun a écrit sa partie sur le sujet 🙂

 

Comment nous avons vécu le choc du retour ?

 

Le retour pour Valentin

 

L’euphorie du retour

Pour moi, le retour était quelque chose que j’attendais. J’ai vraiment adoré le voyage qu’on a fait. Et avec le recul, encore plus ! Mais j’étais content de rentrer. J’étais beaucoup attaché à la vie que j’avais avant le départ. Et c’est ce qui me donnait envie de rentrer. Je suis hyper attaché à mes amis, à ma famille. Et le fait de ne pas les voir quand je voulais, c’était pour moi le plus dur.

L’euphorie du retour était donc d’autant plus grande. Pendant un mois après le retour, j’ai profité de nouveau de tout ce que je n’avais pas eu pendant ces 4 mois.

 

La crise existentielle, la remise en question et la ré-insertion

De mon côté, les 3 dernières étapes se sont passées plus ou moins en même temps.

En rentrant, j’avais l’impression qu’Agathe m’en voulait qu’on soit revenus, et je ne voulais plus ressentir cette culpabilité. Ajouté au fait d’avoir passé 4 mois quasiment H24 ensemble, il y avait comme un trop plein. On a donc décidé de “passer du temps chacun de son côté”.

J’ai la chance de travailler dans un domaine dans lequel c’est super facile de trouver du travail. J’ai donc repris un job, mais c’était un peu par défaut, car je voulais retrouver quelque chose rapidement. Je me suis rapidement rendu compte que la boite dans laquelle j’étais ne me plaisait pas, et j’ai trouvé ensuite un poste dans une entreprise qui, pour le coup, me rend super heureux, autant dans l’ambiance que dans le travail que je fais ! (Une marque de sport au logo bleu 😉 )

Je continue aujourd’hui de travailler dans cette boite, et j’aime toujours autant les voyages (même si je montre moins d’envie qu’Agathe ^^). J’ai de la chance d’avoir Agathe qui me bouge un peu pour voyager autant !

 

 

Le choc du retour pour Agathe

 

L’euphorie du retour

Pour moi, le retour a été la partie la plus difficile du voyage… C’est sûr, j’étais contente de rentrer chez moi, retrouver mes proches, mon petit confort… Mais passé les retrouvailles, cette sensation n’a duré que quelques jours. Il faut dire que j’étais partie en ayant un ras-le-bol de tout. Le boulot, les gens, le temps pourri du Nord, la routine…

J’en étais pas encore sûre à 100%, mais pour moi, le plan, c’était pas forcément de rentrer.

 

La crise existentielle

En voyage, aucun jour ne se ressemble. Personne ne nous dit quoi faire, on se sent complètement libre. On décide au jour le jour du programme de la journée. On voit des paysages canons. Et on découvre des nouvelles choses tous les jours… Puis en rentrant, rien. Niet. Nada. Fini les paysages canons. Place aux immeubles dégeu, et aux relous qui t’accostent au métro comme ils le faisaient il y a six mois…  J’en étais revenue au même point qu’avant de partir. Rien n’avait changé. Et tout avait l’air encore plus “plat”…

J’avais quitté un CDI pour partir, et en revenant je ne savais pas quoi faire. Je ne faisais pas grand chose de mes journées, il ne faisait pas beau, c’était un peu la déprime… On aussi avait lâché notre appart, donc c’était retour chez les parents…

 

La remise en question

J’ai mis quelques mois à retrouver un boulot. Et j’étais repartie dans une routine “métro-boulot-dodo”, à rester 8h par jour assise devant un ordi… Jusqu’à un mois et demi plus tard, le 22 novembre, jour de mes 24 ans, où j’en ai eu marre. Je passais la moitié de mon temps à me dire “Mais qu’est-ce que je fou là?”. Donc j’ai démissionné. Je n’avais aucun autre projet derrière. Je savais juste que ça, c’était pas ce dont j’avais envie.

Et c’était encore pire, parce que dans ces cas-là on a juste envie de parler avec quelqu’un susceptible d’être dans le même état d’esprit que nous. Pour se rendre compte que c’est normal d’avoir du mal à se réadapter, et qu’on est pas tout seul… Sauf que les H24 ensemble pendant 4 mois on eu raison de nous, et quelques semaines après être rentrés, on a décidé de faire une pause avec Valentin… Donc nop, personne avec qui partager mes questions existentielles.

 

La ré-insertion

Et puis un jour, il faut se re-saisir. Rester à ne rien faire ne va pas arranger les choses. Il fallait que j’occupe mes journées, et me concentre sur quelque chose. Je me suis mise à travailler à mon compte. Et devenir freelance m’a permis de retrouver une certaine part de liberté. Plus obligée de me lever tous les jours à 7h30 pour aller bosser au même endroit. Maintenant je me lève à 6h, et je travaille d’un peu partout ! 😉 Même si c’est pas évident tous les jours… Je suis mon propre boss, fini les 5 petites semaines de congés, je peux repartir n’importe quand ! Et ça, c’est top ! (Au grand désespoir de Valentin, pour qui ça lui arrive maintenant de travailler pendant que moi je pars en vacances :p)

 

Pour conclure cet article je (Agathe) dirais que pour si certain le retour d’un long voyage ne change rien, pour d’autres, il est désormais impossible de reprendre sa vie là où on l’avait laissé et rester au même endroit un long moment.
C’est un peu cliché de dire ça, mais personnellement j’ai l’impression que pour moi ce choc du retour à changé ma vision de la vie. Avoir une situation stable ne fait plus partie de mes “buts”. Et je préfère largement éviter la routine, découvrir de nouveaux horizons…

Ce qui est sûr, c’est que j’ai choppé le virus du voyage !  Maintenant, j’ai tout le temps des dizaines de destinations en tête. A peine rentrée de voyage, je commence déjà à organiser le suivant. Et je n’ai jamais autant voyagé que depuis qu’on est rentrés 🙂

C’est d’ailleurs pour ça que je continue le blog avec autant d’assiduité. Ça m’aide à “Stay focus” comme on dit !

 

C’est tout pour cet article sur le choc du retour ! Pour ceux qui lisent cet article et êtes en plein dedans,  dites-vous que ça va passer, et vous allez repartir pour de plus belles ! Et pour ceux qui lisent cet article et nous trouvent bizarres… Osez partir un jour au bout du monde, quitter votre quotidien, et en rentrant vous comprendrez 🙂

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